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Fille de joie (une)

«Bien que ces vaches de bourgeois les appellent des filles de joie, c’est pas tous les jours qu’elles rigolent
parole, parole, c’est pas tous les jours qu’ elles rigolent … »
Georges Brassens, La Complainte des filles de joie.

Dès le premier couplet de sa chanson, Georges Brassens relève la bizarrerie, la « vacherie » d’appeler filles de joie des femmes qui donnent plus de plaisir qu’elles n’en reçoivent. Il y a pire: dans son Dictionnaire de synonymes, mots de sens voisins et contraires, Henri Bertaud du Chazaud donne une liste impressionnante de vocables grossiers qui désignaient ou désignent encore la prostituée.
Autrefois, le mot fille suffisait à nommer une jeune femme aux amours tarifiées. On lui ajoutait un complément de lieu ou de clientèle: fille des rues, fille à matelots, fille à soldats, fille publique, etc. Plus hypocrite, fille de joie est quand même une expression plus élégante.
«Je le trouvai en conversation avec une fille de joie qui tenait boutique de l’autre cote de la rue. »
Pierre Mac Orlan,
Sous la lumière froide.

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